Le destin des Âmes – Ophélie Mesturoux

Après m’être un peu laissée emporter par ma rentrée universitaire et, du coup, avoir laissé à l’abandon ce blog pour quelques temps, je reviens enfin avec la chronique d’un livre que j’ai connu directement grâce à son auteur, Ophélie. Je félicite d’ailleurs une nouvelle fois cette dernière si jamais elle passe par-là, car c’est son premier roman. C’est toujours chouette de voir de jeunes gens réaliser leur rêve de se faire publier.

couv74690828.jpg« Morgane Priest est une Âme. Une personne dont l’âme se réincarne de siècle en siècle jusqu’à ce qu’elle retrouve son Âme-Sœur et qu’elles accomplissent ensemble le destin auquel elles ne peuvent échapper.
Quelques mois après l’apparition de ses pouvoirs, signe qu’elle est une Âme, la jeune fille fait son entrée à l’Institut Landsburg, un lycée destiné à former ces êtres d’exception à l’utilisation de leur don et à la connaissance de leurs semblables et de leur histoire.
Les liens se créent très vite entre Morgane et ses camarades, faits d’amitié et de tension. Mais quand des disparitions surviennent au sein de la prestigieuse école, c’est le destin qui se remet en marche. Élèves et professeurs devront s’unir pour découvrir l’origine de ces mystérieux enlèvements. »

212 pages, publié chez Anyway Editions le 20 septembre 2016

LA CRITIQUE

J’ai alors avalé en quelques heures à peine sous format ebook Le destin des Âmes, où l’on va rencontrer Morgane Priest, l’héroïne principale, qui est ce que l’on appelle « une Âme ». Pour information, une Âme est un être qui, en plus de posséder des dons magiques, se réincarne de siècle en siècle dans le but de trouver son Âme-Sœur pour qu’ensemble, ils puissent accomplir leur destin. Une idée de base qui, je trouve, est très originale et a tout de suite piqué ma curiosité au vif !

Morgane donc, après la découverte de son pouvoir, fait ses valises et part au très célèbre Institut Landsburg afin d’y suivre des études spécialement consacrées aux Âmes. Si le cadre paraît idyllique et les études de la jeune fille promettent d’être passionnantes, tout n’est pas si simple qu’il n’y paraît, car Morgane doit apprendre à maîtriser ses pouvoirs, mais aussi ses émotions face à diverses personnes. Mais quand des élèves se mettent mystérieusement à disparaître, l’héroïne ignore que c’est le destin qui se met en marche…

J’ai beaucoup aimé ce roman, qui a l’avantage de se lire très vite. Trop vite, justement, peut-être ? Mais je reviendrai après sur ce point. Déjà, on est très vite immergés dans l’univers : l’écriture est simple, imagée, et a personnellement beaucoup fait travailler mon imagination face à, par exemple, l’Institut Landsburg que j’ai imaginé tel un vieux manoir anglais aux magnifiques jardins parfaitement entretenus et aux pièces pleines de charme. Quand mon esprit s’imagine des choses en lisant, c’est que l’histoire me plait, et c’est donc un bon point pour ce livre. Les personnages sont quant à eux réalistes et plein de charme (malgré le caractère de cochon d’un certain personnage, je n’ai pas pu m’empêcher de l’apprécier, par exemple). J’ai aussi beaucoup apprécié le fait que les Âmes aient des pouvoirs, tous différents bien-sûr, mais qui se complètent entre Âmes-Soeurs. Paul Verlaine et Arthur Rimbaud, pour citer un exemple du livre qui parlera à tout le monde, sont par exemple lés par la poésie et les mots. En continuant sur les Âmes, ce qui m’a également beaucoup plu, c’est que les Âmes-Sœurs ne se cantonnent pas seulement à un lien amoureux. Des Âmes-Sœurs peuvent être aussi des amis très proches, et ça, j’aime. L’intrigue, elle, suscite de l’intérêt, mais reste tout de même assez prévisible sur certains points que j’avais devinés depuis le début. Mais pas tous, quand même, je vous rassure !

Pour passer aux quelques points négatifs que j’ai pu trouver à cette lecture, je pense que l’histoire en général manque de descriptions. J’ai été un peu frustrée de ne pas avoir plus de détails et de caractéristiques sur les jardins de l’Institut, par exemple, en grande amoureuse de la nature que je suis, ou même de l’intérieur de l’Institut. De plus (bon, c’est peut-être mon côté Tolkien qui pointe le bout de son nez), mais j’aurais aimé en savoir plus sur l’univers en général : sur les pays, les Âmes et l’Histoire… c’est un monde qui mérite d’être exploité et fouillé. Il est également vrai que l’histoire en elle-même est assez courte, mais ça ne m’a personnellement pas posé de problème, car le récit est très immersif, et les pages défilaient toutes seules tellement je voulais savoir le fin mot de l’histoire. Fin mot qui, d’ailleurs, m’a laissée légèrement sur le derrière, et je déteste quand même un peu l’auteur pour ça ! (Bon, juste un peu).

Ce fut une bonne lecture, et tout cela laisse présager un univers riche en émotions et en aventures. Pour un premier roman, c’est réussi !

16/20

Enregistrer

Enregistrer

A Song of Ice and Fire, #1 A Game of Thrones – G.R.R Martin

♡  Livre coup de cœur ♡ 

couv50723772

« Après avoir tué le monarque dément Aerys II Targaryen, Robert Baratheon est devenu le nouveau souverain du royaume des Sept Couronnes. Tandis qu’en son domaine de Winterfell, son fidèle ami le Duc Edward Stark rend paisiblement la justice. Mais un jour, le roi Robert lui rend visite, porteur de sombres nouvelles : le trône est en péril. Stark, qui s’est toujours tenu éloigné des affaires du pouvoir, doit alors abandonner les terres du Nord pour rejoindre la cour et ses intrigues. L’heure est grave, d’autant qu’au-delà du mur qui protège le royaume depuis des siècles, d’étranges créatures rôdent…  »

LA CRITIQUE

Aujourd’hui, je m’attaque à la chronique d’un géant de la fantasy, mais aussi à un livre dont l’action se passe dans l’un de mes univers favoris (oui, oui, un de mes univers favoris, je vous assure que je ne suis pas maso).

A Song of Ice and Fire n’est plus tout jeune, mais n’a connu de succès que très récemment grâce à la série TV culte Game of Thrones, dont je suis une grande fan. Je la connais en effet depuis ses tout débuts où je n’étais qu’une adote boutonneuse et peureuse, et cela faisait un moment que je voulais m’attaquer aux livres. D’une part, parce que je voulais absolument avoir plus de détails, et d’autre part, parce que la série part dans une direction totalement différentes des livres, et elle omet également pas mal de choses. J’ai donc pris mon courage à deux mains, et ai entamé le premier tome… en français. Ce fut un petit drame, et moi qui réussit pourtant bien facilement à m’enfiler le Seigneur des Anneaux ou le Silmarillion en quelques jours, je n’ai pas réussi à aller au bout de ce livre-ci. Il y avait en effet comme une lourdeur dans l’écriture, comme si le traducteur se forçait à adopter un vocabulaire particulièrement chiant et dépassé. Heureusement, j’ai retenté l’expérience cet été en VO, et c’est passé comme une lettre à la poste cette fois, même s’il m’a tout de même fallu 4 semaines pour avaler ce monstre.

Je ne vous apprends probablement rien, mais ASOIAF (ou le Trône de Fer en français) est une série de romans se déroulant dans le monde de Westeros, où l’été dure depuis des années et des années. Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, le climat se refroidit peu à peu, et il est dit qu’un hiver sans précédent s’apprête à arriver et à rester pour des centaines d’années. Au moment où commence l’histoire, Robert Barathéon est Roi des 7 Royaumes de Westeros, ayant lui-même détrôné le Roi Fou Aerys II Targaryen quelques années auparavant. Mais comme tout est loin d’être simple dans le Trône de Fer, la Main du Roi (une sorte de premier ministre) meurt dans des conditions un peu étranges, et l’avidité de pouvoir de l’une des plus grandes familles nobles du Royaume, les Lannister, se ressert de plus en plus autour de la gorge du Roi. C’est pour cela qu’il va faire appel à l’honneur et la fidélité de l’un de ses plus grands amis et allié, Eddard Stark, le Gardien du Nord. Il ne suffit, après, que de quelques incidents pour déclencher une crise politique énorme suivie de guerres, et le jeu des royaumes et du pouvoir va s’enclencher pour tous les tomes à venir.

Ceci n’est qu’un résumé très condensé qui ne présente que l’intrigue principale, car il y a aussi l’histoire de Daenerys Targaryen, seule survivante d’une famille légendaire, il y a également l’histoire des Marcheurs Blancs… Pour tout vous dire, ASOIAF me rappelle énormément Shakespeare, car il y a un côté Guerre des Roses et Richard III dans son univers (si vous voulez savoir d’où G.R.R Martin a tiré la fabuleuse idée de faire faire cuisiner à Arya les fils de Walder Frey dans une tarte et de le servir au père de ces derniers, lisez donc Titus Andronicus). Il y a aussi un côté play within the play, des histoires à l’intérieur d’une histoire principale, et j’aime énormément ce concept. De plus, je reviendrai plus loin sur cette idée, mais l’une des pensées Shakespeariennes majeure est présente tout au long de GoT, soit, l’idée fondamentale de la formule Valar Morghulis, que tout homme doit mourir et que nous ne sommes que de passage sur cette Terre. En gros, aucun de vos personnages préférés n’est en sécurité dans le Trône de Fer, et il peut mourir à tout moment ! Bref, je trouve que G.R.R Martin est un génie, et après m’être un peu informée, je confirme que c’est un auteur extrêmement cultivé et ça se sent.

J’ai commencé ma lecture en ayant peur de m’ennuyer, car c’est sûr que ça ne risquait pas d’être super folichon de le lire quand on connaît toutes les surprises à l’avance à cause de la série ! Mais en fait, je ne me suis pas du tout ennuyée, bien au contraire. Cette lecture a permis d’éclairer certains points que je n’avais pas compris dans la série, mais m’a aussi apporté beaucoup plus d’informations et de contenu divers et varié. J’ai aussi pu apprécier l’écriture de G.R.R Martin que je trouve très fluide et riche à la fois, et je vous invite vivement à le lire en VO. Quand on se motive à s’y mettre, ça n’est pas vraiment compliqué je trouve. Après, je sais que le côté « intrigues de pouvoir » peut rebuter, mais ce n’est pas du tout comme vous pouvez vous l’imaginer. Il y a des retournements de situation dont on n’aurait absolument pas pensé, et comme je l’ai dit plus au-dessus, ne vous attachez surtout pas à aucun personnage. Parce que l’auteur est-là, vous regarde fangirler, et se moque complètement de vous…

Bref, on ne s’ennuie jamais avec le Trône de Fer, et j’ai hâte de commencer l’intégrale 2, ce gros pavé de 900 pages, qui j’ai entendu dire commence à différer de la série sur certains points ou du moins, sur certaines scènes. Et inutile de préciser que, bien entendu, c’est une lecture coup de cœur.

20/20

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

La petit fille de Monsieur Linh

LA PETITE FILLE DE MONSIEUR LINH, PHILIPPE CLAUDEL (CONTEMPORAIN)

♡  Livre coup de cœur ♡ 

couv9011477

« C’est un vieil homme debout à l’arrière d’un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul désormais à savoir qu’il s’appelle ainsi. Debout à la poupe du bateau, il voit s’éloigner son pays, celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l’enfant dort. Le pays s’éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaître à l’horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette. »

184 pages, publié chez le Livre de Poche en 2005.

LA CRITIQUE

       Je viens à peine de finir de lire la dernière page, et c’est à chaud que je décide de chroniquer cette petite perle rare, car je voudrais retranscrire du mieux possible les sentiments que ce livre a fait naître en moi. Avant de commencer, cependant, je vous propose quelques citations pour vous mettre dans l’ambiance.

« La soupe est comme l’air de la ville qu’il a respiré en descendant du bateau. Elle n’a pas vraiment d’odeur, pas de goût. Il n’y reconnaît rien. Il n’y trouve pas le délicieux picotement de la citronnelle, la douceur de la coriandre fraîche, la suavité des tripes cuites. La soupe entre dans sa bouche et dans son corps, et c’est soudain tout l’inconnu de sa vie nouvelle qui vient en lui. »

« Ce peut-être aussi cela l’existence ! Des miracles parfois, de l’or et des rires et de nouveau l’espoir quand on croit que tout autour de soi n’est que saccage et silence ! »

« La nuit a fait éclore dans la ville des milliers de lumières qui scintillent et paraissent se déplacer. On dirait des étoiles tombées à terre et qui cherchent à s’envoler de nouveau vers le ciel. Mais elles ne peuvent le faire. On ne peut jamais s’envoler vers ce qu’on a perdu. »

        Rien de tel qu’un petit livre comme La petite fille de Monsieur Linh pour faire une pause dans ma lecture en VO consistante qu’est le premier tome de A Song of Ice and Fire, dont je devrais faire la chronique d’ici quelques jours.

       Mais pour en revenir à cette histoire, ici l’auteur, de son écriture douce et poétique, nous embarque dans le récit émouvant de ce vieil homme, Monsieur Linh, qui quitte son village (quelque part en Asie) dévasté par la guerre, en quête d’une vie meilleure. Si cela n’avait tenu qu’à lui, Monsieur Linh y serait resté sans hésiter, car ce village est toute sa vie. Il est la terre de ses ancêtres, son foyer et là demeurent les souvenirs impérissables des rizières, des femmes qui lavent leurs cheveux soyeux dans la rivière et d’un endroit où tout le monde connaissait et saluait tout le monde. Mais pour sa petite fille âgée de quelques semaines à peine (joliment nommée Sang Diû, ce qui dans la langue de son pays natal signifie « Matin doux »), Monsieur Linh prend le bateau et part vers l’inconnu, en quête d’une vie meilleure à offrir à son enfant.

       On ne sait pas exactement où débarque le vieil homme. On sait cependant que c’est une grande ville au bord de la mer, avec tout ce qu’il y a de plus impersonnel : de longues avenues, des grandes foules et des gens qui ne s’accordent aucun intérêt ni aucun regard, et c’est un tout nouveau monde pour Monsieur Linh. Il se sent un peu perdu, lui qui ne parle pas la langue du pays et qui est étranger à tout le monde. Mais un jour, par un joli hasard, un gros bonhomme surnommé Monsieur Bark va entrer dans la vie du vieil homme. Et c’est là, par cette amitié, que la vie de Monsieur Linh va prendre un tout nouveau sens… L’amitié entre les deux personnages va les sortir de cet état de deuil. Ils ne parlent absolument pas la même langue, mais malgré tout, se comprennent. La barrière des langues n’est plus un problème entre eux, et ensemble, les deux hommes vont renaître, et parviendront finalement à se reconstruire.

       Ce livre est une perle rare car, d’une part, il est très bien écrit : les mots sont d’une douceur incomparable, poétiques, et même poignants. De plus, les thèmes abordés sont multiples : l’amitié, l’amour familial, le deuil, la renaissance, le drame, le passé, la mémoire, les souvenirs, la solitude, puis la chaleur humaine… En outre, une fois que l’on a lu les dernières pages, tout s’éclaire. Les petits indices semés çà et là tout au long du récit nous viennent à l’esprit et tout devient évident. Et on ne peut qu’être touché par ce vieil homme, qui nous paraît si vulnérable tout à coup.

C’est un livre que je vous conseille de tout cœur, car s’il reste court, son contenu en vaut réellement la peine et ne peut que nous toucher, finalement, en pensant à tous ces gens qui ont vécu l’horreur de la guerre et de la perte de toute leur famille. Oui, en refermant ce livre, j’ai eu une petite pensée pour tous ces Monsieur Linh qui, quelque part dans le monde, essaient de se reconstruire après ces drames.

19/20

Enregistrer

Harry Potter et l’Enfant Maudit – Une fanfiction meilleure que les autres ?

HARRY POTTER AND THE CURSED CHILD – J.K ROWLING, JACK THORNE & TIFFANY JOHN
(Fantastique/Jeunesse) 

couv70041308

 

« Être Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’il est un employé surmené du ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus Severus, doit lutter avec le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus. »

352 pages, publié chez Little Brown and Company, le 31 juillet 2016.

LA CRITIQUE (SANS SPOILERS)

Avant de commencer à lire Harry Potter and The Cursed Child, je crois qu’il faut mettre quelques petites choses au clair. Tout d’abord, sachez que vous aurez entre vos mains le script de la pièce de théâtre, et qu’en effet, J.K Rowling n’a pas écrit l’histoire, mais a simplement participé à son élaboration, puisque ce sont  Jack Thorne et John Tiffany qui sont totalement à l’origine du projet. Voilà, c’est dit !
Sachant cela, j’ai naturellement commencé ma lecture un peu à reculons, sachant que je ne retrouverai pas le schéma narratif propre aux autres tomes d’Harry Potter qui ont bercé mon enfance et adolescence. De plus, j’ai honnêtement eu du mal à imaginer comment l’univers de J.K Rowling pouvait être retranscrit au théâtre, cet univers si riche tout droit sorti de son imagination foisonnante. Cependant, je me suis tout de même ruée sur l’e-book en bonne impatiente que je suis, et cette lecture – si elle est loin d’avoir été parfaire, a été une bonne découverte tout de même.

Cette bonne découverte a quand même été longue au démarrage. En effet, ce format théâtral et non narratif m’a prise au dépourvue pendant les premières pages, et je le trouve un tantinet impersonnel. Il est dur de s’attacher à des personnages auxquels nous n’avons ni description physique ni mentale (on sait à peine ce qu’ils ressentent sur le moment), et surtout, on doit se contenter de la description de début de scène pour s’imaginer un peu les lieux où se déroule l’histoire. Il est très dur d’oublier les tomes précédents, où l’on avait l’habitude de suivre les pensées des personnages et leurs péripéties grâce aux narrations détaillées de l’auteur. J’avais plus l’habitude de l’écriture fluide et imagée de J.K Rowling, qui nous faisait imaginer en une phrase la chaleur de la salle commune de Gryffondor avec son feu de cheminée et ses fauteuils confortables, par exemple. J’ai donc trouvé ce schéma très pauvre, mais il faut garder en tête que ce n’est que le script, ce qui laisse donc la plus grande place à notre propre imagination. Le récit nous offre, en outre, le détail des effets spéciaux sur scène, et ils m’ont carrément donné envie d’aller voir la pièce pour voir de quoi ils avaient l’air ! Nul doute que cela vaut le coup d’aller la voir.

En ce qui concerne l’intrigue, je dirais qu’elle tient la route. Les actions s’enchaînent aussi vite que les pages (comme, bah… y’a pas de descriptions), et cette problématique du Temps et des effets désastreux que certains petits changements mineurs du passé peuvent avoir sur le futur m’a fascinée. Les scènes avec certains anciens personnages m’ont donné chaud au cœur ou m’ont émue, et les nouveaux personnages sont, pour certains, TERRIBLEMENT attachants ! Par « certains », je veux surtout parler de Scorpius Malefoy, le fils de Drago, qui est tout l’opposé de son père : drôle, doux, aimant, fidèle en amitié… parce qu’il en faut, du bon caractère, pour supporter les petites crises existentielles de son ami Albus, le fils de Harry et de Ginny.

En continuant sur les points négatifs, certains personnages m’ont littéralement saoulée (Ron qui a le Q.I d’une moule avariée et passe pour le relou de service, Harry que j’ai du mal à reconnaître tant il est parfois éloigné du caractère du Harry original…). Cependant, je crois que l’on peut mal juger des personnages de théâtre en ne voyant que le script, et j’espère que le jeu des acteurs saura rattraper un peu le niveau médiocre de certaines personnages.

Pour être honnête, même si l’histoire est imparfaite mais bonne, pour moi, The Cursed Child ne sera en aucun cas la suite du septième tome, car je crois que toutes les bonnes histoires doivent avoir une fin. Cette histoire-ci comporte trop de défauts pour que je la considère canon à tout l’univers, et elle est à mes yeux plus une fanfiction validée par la queen qu’autre chose. Elle vaut tout de même le coup d’être lue, si vous voulez passer un bon moment dans votre univers préféré.

 

13/20

Enregistrer

Captive, les nuits de Shéhérazade – entre romance et orient

Pour ma toute première chronique sur ce blog, je choisis tout simplement de parler de ma dernière lecture, pour laquelle j’ai plutôt… un bilan mitigé.

CAPTIVE – RENÉE AHDIEH (Romance/Aventure)

couv57889235

« Même consciente du terrible sort qui l’attend, Shéhérazade se porte volontaire pour épouser le jeune calife Khalid Ibn al-Rashid. Même si elle sait qu’elle est promise à la mort au lendemain de ses noces, elle est prête à tout pour venger son amie Shiva, l’une de ses récentes épousées. Pour cela, elle doit d’abord gagner du temps, en narrant des contes à rallonge au calife. Chaque jour est une menace de mort et la jeune fille échappe plusieurs fois à l’exécution. À l’extérieur, les proches de Shéhérazade préparent le sauvetage de la jeune fille. Shéhérazade n’oublie pas qu’elle doit mettre au point une stratégie pour tuer celui qui est désormais son époux. Mais c’est sans compter l’amour qu’elle se met peu à peu à éprouver pour Khalid… »

448 pages, publié chez Hachette Romans le 30 septembre 2015.

CRITIQUE

L’histoire se déroule au Khorassan où Shéhérazade, jeune fille farouche au caractère bien trempé, compte bien se venger de la mort de sa meilleure amie Shiva en se portant volontaire pour épouser le Calife, Khalid. Au grand malheur de ses proches, car aucune des précédentes épouses de Khalid n’a jamais survécu à l’aube de leurs noces. En effet, pour une mystérieuse raison, l’homme les assassine toutes…
C’est donc emplie d’une haine sans bornes que notre petite Shazi (pour les intimes) va se donner une mission : tuer le tyran qui a assassiné son amie d’enfance. Mais comme, bien-sûr, jamais rien ne se passe comme prévu dans les livres, la belle va commencer à éprouver des sentiments… contradictoires vis-à-vis du Calife. Ce qui va en outre énerver Tariq, l’ami d’enfance de la jeune fille, qui tentera coûte que coûte de l’éliminer pour enfin sauver Shéhérazade de ses griffes. Et attention, ,c’est là que je déclenche l’alerte triangle amoureux ! Mais parlons avant tout des points positifs avant d’aborder les choses qui fâchent.

Quoi de mieux qu’une lecture qui nous emporte loin, vers les déserts brûlants et les odeurs épicées de l’Orient, pour passer son été ? C’est avant tout dans l’espoir d’être dépaysée que j’ai commencé ce livre, et je crois que j’ai été servie de ce côté-là. En effet, on se balade dans le désert avec les Touaregs, on respire les effluves de jasmin et de thé à la menthe, et l’auteur a très bien réussi à retranscrire l’atmosphère des Mille et une nuits. Rien que pour cela, ce livre mérite d’être lu. Mais plus encore, elle nous offre même toute une suite de mots arabes savants tout au long du récit, et j’ai d’ailleurs dû plusieurs fois revenir en arrière pour me souvenir de leur signification. Avec sa plume délicieuse, Renée Ahdieh nous plonge au cœur de son récit, et éveille tous nos sens. Bref, l’ambiance est au rendez-vous et nous envoûte… peut-être au détriment du reste ?

Ce que je reproche à ce livre, c’est que l’on baigne dans les clichés. Je dois vous avouer qu’en ce moment, j’ai beaucoup de mal concernant les romances et surtout, j’ai du mal avec quelques schémas que l’on retrouve trop souvent à mon goût. Il y a par exemple l’éternel et fameux triangle amoureux. Vous savez, celui de l’héroïne déjà amoureuse de son ami d’enfance, mais qui rencontre LE gars qui fera finalement battre son cœur. Il y a aussi le cliché du garçon monstrueux, sans cœur et sans pitié, qui va complètement changer de personnalité à cause de CETTE fille, dont il tombera éperdument amoureux… Heureusement, l’idée de vengeance est présente tout au long du roman et  vient contre-balancer ce côté que je n’ai pas aimé.

De plus, certains points auraient mérité d’être mieux exploités, et j’attendais de l’auteur un peu plus d’approfondissement dans certains aspects de son intrigue. C’est là que je pense qu’elle s’est plus appliquée à nous décrire son univers et à émerveiller nos sens plutôt qu’à construire une intrigue complexe et bien menée.

En clair, si vous êtes fans des romances un peu clichés, des personnages au caractère fort et si vous aimez être emportés et avoir tous vos sens en éveil… ce roman est fait pour vous !

13 / 20