Harry Potter et l’Enfant Maudit – Une fanfiction meilleure que les autres ?

HARRY POTTER AND THE CURSED CHILD – J.K ROWLING, JACK THORNE & TIFFANY JOHN
(Fantastique/Jeunesse) 

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« Être Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’il est un employé surmené du ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus Severus, doit lutter avec le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus. »

352 pages, publié chez Little Brown and Company, le 31 juillet 2016.

LA CRITIQUE (SANS SPOILERS)

Avant de commencer à lire Harry Potter and The Cursed Child, je crois qu’il faut mettre quelques petites choses au clair. Tout d’abord, sachez que vous aurez entre vos mains le script de la pièce de théâtre, et qu’en effet, J.K Rowling n’a pas écrit l’histoire, mais a simplement participé à son élaboration, puisque ce sont  Jack Thorne et John Tiffany qui sont totalement à l’origine du projet. Voilà, c’est dit !
Sachant cela, j’ai naturellement commencé ma lecture un peu à reculons, sachant que je ne retrouverai pas le schéma narratif propre aux autres tomes d’Harry Potter qui ont bercé mon enfance et adolescence. De plus, j’ai honnêtement eu du mal à imaginer comment l’univers de J.K Rowling pouvait être retranscrit au théâtre, cet univers si riche tout droit sorti de son imagination foisonnante. Cependant, je me suis tout de même ruée sur l’e-book en bonne impatiente que je suis, et cette lecture – si elle est loin d’avoir été parfaire, a été une bonne découverte tout de même.

Cette bonne découverte a quand même été longue au démarrage. En effet, ce format théâtral et non narratif m’a prise au dépourvue pendant les premières pages, et je le trouve un tantinet impersonnel. Il est dur de s’attacher à des personnages auxquels nous n’avons ni description physique ni mentale (on sait à peine ce qu’ils ressentent sur le moment), et surtout, on doit se contenter de la description de début de scène pour s’imaginer un peu les lieux où se déroule l’histoire. Il est très dur d’oublier les tomes précédents, où l’on avait l’habitude de suivre les pensées des personnages et leurs péripéties grâce aux narrations détaillées de l’auteur. J’avais plus l’habitude de l’écriture fluide et imagée de J.K Rowling, qui nous faisait imaginer en une phrase la chaleur de la salle commune de Gryffondor avec son feu de cheminée et ses fauteuils confortables, par exemple. J’ai donc trouvé ce schéma très pauvre, mais il faut garder en tête que ce n’est que le script, ce qui laisse donc la plus grande place à notre propre imagination. Le récit nous offre, en outre, le détail des effets spéciaux sur scène, et ils m’ont carrément donné envie d’aller voir la pièce pour voir de quoi ils avaient l’air ! Nul doute que cela vaut le coup d’aller la voir.

En ce qui concerne l’intrigue, je dirais qu’elle tient la route. Les actions s’enchaînent aussi vite que les pages (comme, bah… y’a pas de descriptions), et cette problématique du Temps et des effets désastreux que certains petits changements mineurs du passé peuvent avoir sur le futur m’a fascinée. Les scènes avec certains anciens personnages m’ont donné chaud au cœur ou m’ont émue, et les nouveaux personnages sont, pour certains, TERRIBLEMENT attachants ! Par « certains », je veux surtout parler de Scorpius Malefoy, le fils de Drago, qui est tout l’opposé de son père : drôle, doux, aimant, fidèle en amitié… parce qu’il en faut, du bon caractère, pour supporter les petites crises existentielles de son ami Albus, le fils de Harry et de Ginny.

En continuant sur les points négatifs, certains personnages m’ont littéralement saoulée (Ron qui a le Q.I d’une moule avariée et passe pour le relou de service, Harry que j’ai du mal à reconnaître tant il est parfois éloigné du caractère du Harry original…). Cependant, je crois que l’on peut mal juger des personnages de théâtre en ne voyant que le script, et j’espère que le jeu des acteurs saura rattraper un peu le niveau médiocre de certaines personnages.

Pour être honnête, même si l’histoire est imparfaite mais bonne, pour moi, The Cursed Child ne sera en aucun cas la suite du septième tome, car je crois que toutes les bonnes histoires doivent avoir une fin. Cette histoire-ci comporte trop de défauts pour que je la considère canon à tout l’univers, et elle est à mes yeux plus une fanfiction validée par la queen qu’autre chose. Elle vaut tout de même le coup d’être lue, si vous voulez passer un bon moment dans votre univers préféré.

 

13/20

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